Voyage au Chili : sur les traces du jaguar de l’Amérique latine

En 1520, Ferdinand Magellan, éminent navigateur et explorateur portugais de l’époque des Grandes découvertes, et pionnier de la circumnavigation, sillonnait pour la première fois les côtes chiliennes à bord de la Nao Victoria, dont une réplique plus vraie que nature fait le bonheur des aficionados de l’Histoire au Musée Nao Victoria de la charmante Punta Arenas, incontournable de tout séjour au Chili.

En réalité, la terre chilienne n’a pas attendu le 16e siècle pour accueillir un foyer démographique. En effet, les travaux archéologiques montrent que les contrées fertiles du Monte Verde abritaient déjà des peuples anciens vers 35 000 av. J.-C.

Valeur sûre de l’offre de vacances en Amérique latine, le Chili arbore encore aujourd’hui avec une fierté non dissimulée les vestiges de ses civilisations préhispaniques, des Aymaras aux Incas en passant par les Atacaméniens et les Mapuches. Avec ses grands espaces hostiles et ses villes portuaires au charme nonchalant, le Chili vous invite à sillonner son étroite bande de terre démesurément étendue du désert d’Atacama au cap Horn, un verre de Pisco à la main, l’œil ébahi devant les nombreuses manifestations d’une prospérité économique « miraculeuse » qui a valu au pays le surnom flatteur de « jaguar de l’Amérique latine ».

 

Chili: Généralités naturelles et démographiques

Avec son territoire en étroite bande étendu sur plus de 4 200 kilomètres pour à peine 180 kilomètres de largeur en moyenne, du désert d’Atacama jusqu’au cap Horn, le Chili dispose de l’une des cartes géographiques les plus facilement identifiables. Avec une superficie de quelque 756 102 km², incluant l’île de Pâques qui fait partie du pays depuis 1988, le Chili est le 38e plus grand pays au monde et le 60e plus grand démographique avec 16,7 millions d’habitants. Le climat du Chili est particulièrement marqué par sa géographique particulière en mince bande. En effet, les températures vont en chutant du Nord au Sud, et les précipitations sont plus abondantes au Sud qui subit un climat polaire océanique frais et particulièrement humide.

De par sa situation au cœur de la ceinture de feu du Pacifique, le Chili est particulièrement exposé à l’activité sismique: il compte plus de 2 000 volcans dont 47 toujours en activité. Depuis le début du dernier siècle jusqu’à aujourd’hui, le Chili a connu le quart des séismes les plus violents de la planète, avec toutefois une réduction exponentielle du nombre de victimes depuis les années 1940 grâce à la politique stricte des gouvernements successifs qui ont pris soin d’imposer la construction parasismique de manière systématique.

Pendant le 20e siècle, la population du Chili s’est multipliée par cinq, avant de se stabiliser à moins de 1% de croissance durant la décennie 2000, en dépit de l’allongement de l’espérance de vie (76,77 ans) et de la réduction des mortalités infantiles (7,8 ‰). La cartographie ethnique de la population chilienne est dominée par les descendants des colons européens, principalement espagnols (Basques et Castillans) et de descendants d’immigrants britanniques, irlandais et allemands. On compte également de fortes diasporas italienne, croate, suisse, grecque, française et palestinienne. Selon le dernier recensement de 2012, un peu plus de 11% de la population chilienne était d’origine amérindienne.

 

Torres Del Paine au Chili

Torres Del Paine au Chili

 

Le miracle économique du Jaguar de l’Amérique latine

Souvent considéré comme le jaguar de l’Amérique latine en raison de ses performances économiques jugées « miraculeuses » par l’illustre économiste et commentateur politique américain Milton Friedman, le Chili est classé dans les marchés de croissance rapide.A vec une croissance moyenne de 4% lors de la dernière décennie, les indicateurs économiques sont au vert.

Nous sommes le 11 septembre 1973… Le palais présidentiel chilien est bombardé par les putschistes du général Augusto Pinochet ; un évènement qui met fin à la présidence socialiste de Salvatore Allende, et qui marque le début d’une dictature brutale. Au total, 3 200 personnes seront tuées, et 38 000 torturés. 40 ans après, le palais de la Moneda présente un tout autre visage, tout comme le pays qui a embrassé la démocratie.

Aujourd’hui, les Chiliens continuent de descendre dans la rue pour réclamer le changement, cette fois sans crainte. L’héritage de la dictature est encore très présent au Chili, notamment par son économie libéralisée à l’extrême par Pinochet. Le pays possède une forte croissance (5,2% en moyenne avec des pics de 8,3% entre 1990 et 1997) et le taux de pauvreté est passé de 40% à 14% depuis la fin de la dictature en 1990. Le Chili reste toutefois fortement inégalitaire en dépit de performances économiques solides et souvent données en exemple dans la région. En effet, et contrairement à ses voisins, le Chili a su capitaliser sur ses terres fertiles et son sous-sol riche pour booster ses exportations, principalement vers l’Union Européenne, les Etats-Unis, la Corée du Sud et la Chine. Les principaux produits sont le pétrole et les produits miniers (60%), les produits agricoles (24%) ainsi que les produits manufacturés (13%). Ces derniers sont curieusement les principales composantes des importations (67,5%).

Aujourd’hui, l’économie chilienne occupe le 39e rang mondial. Cette performance se présente comme la consécration d’une longue traversée du désert qui aura duré plusieurs décennies. Il est intéressant de noter que le Chili fait partie du club très fermé des pays qui affichent une situation budgétaire saine, disposant ainsi d’une bonne marge manœuvre rendue possible par une dette brute peu importante estimée à 12% du PIB ainsi qu’un volume important de crédits non consommés.

Souvent considéré comme le pays le moins corrompu et le plus démocratique de la partie méridionale de l’Amérique, le Chili affiche un indice de développement humain très élevé (0,895 sur un maximum de 1) et attire de plus en plus d’investisseurs grâce à un climat des affaires particulièrement stimulant.

 

Les incontournables de votre voyage au Chili

L’agglomération de Santiago, aussi appelée Santiago du Chili par opposition aux localités homonymes d’Argentine, du Brésil ou encore du Cap Vert, compte plus de 7 millions d’habitants, soit près d’un tiers de la population totale du Chili. Chaque semaine, la garde est relevée devant le palais présidentiel de la Moneda dans une cérémonie solennelle haute en couleur, dès 10 heures du matin. C’est ici que se scella le destin du docteur Salvador Allende, premier marxiste au monde démocratiquement élu président. Il entreprit durant son court mandat de moins de trois ans des réformes sociales courageuses avant d’être renversé par le coup d’Etat de 1973. Cette période marqua le début des 17 années de dictature du général Pinochet.

Santiago du Chili fut fondée par le conquistador espagnol Pedro de Valdivia en l’an 1541 qu’il nomma en premier lieu Santiago de la Nueva Extremadura en hommage à la région d’origine de l’apôtre Saint-Jacques. La ville brasse les ethnies, les cultures mais aussi et surtout les inégalités sociales. Dans les fameux cafés « con piernas » (littéralement cafés avec des jambes) de la Plaza de Armas, les chefs d’entreprise dégustent leur café matinal servi par de jolies serveuses courtement vêtues, sous l’œil sérieux de la statue de Simon de Bolivar, figure emblématique de l’émancipation des colonies espagnoles d’Amérique du Sud.
L’ambiance de Santiago est parfaitement illustrée par le quartier Bellavista, avec des restaurants aux grandes terrasses et aux petits jardins où l’on déguste la boisson nationale préparée à base de huit cépages, le Pisco. Ce cocktail typique est un alcool de raisin mélangé avec du jus de citron et du blanc d’œuf. Au bout d’une impasse ombragée, vous découvrirez au gré de vos déambulations une résidence en forme de bateau, qui n’est autre que la résidence de ville du célébrissime poète Pablo Neruda… Un séjour à Santiago est un incontournable de vos vacances au Chili, grâce notamment à la Colline San Cristobal de Santiago, le Musée chilien d’art précolombien, le Cajon del Maipo, le Musée de la mémoire et des droits de l’Homme ou encore le volcan San José.

Comme souvent lors d’un voyage en Amérique, votre séjour au Chili sera l’occasion d’explorer des paysages peu communs où les grands espaces donnent le La à des villages préservés qui ne manqueront de vous dépayser. San Pedro de Atacama, à 1 670 km au nord de Santiago, est une bourgade située à quelque 2 500 m d’altitude dans un oasis en plein désert de Atacama, l’un des plus arides au monde. Autrefois berceau de la fameuse civilisation Atacameña, le village qui compte aujourd’hui plus de 2 500 habitants est le point de départ pour d’inoubliables excursions vers le désert de Atacama et l’Altiplano. Grâce aux paysages impressionnants qui entourent cette zone d’une beauté stupéfiante, San Pedro est devenu le centre névralgique des circuits touristiques et des treks organisés dans la région. Les villageois proposent des services variés, du logement à l’artisanat en passant par la connexion internet et les services téléphoniques. San Pedro abrite une atmosphère cosmopolite et accueille des Chiliens, des Européens, des Américains et des Chinois. L’activité volcanique des Andes génère de nombreux sites fascinants : vallée de la Lune, canyons et déserts de sel, geysers de boue… L’endroit est aussi idéal pour s’essayer au sandboard et à l’ascension des volcans qui seront indubitablement des temps forts dans votre séjour au Chili.

 

La Vallée de la Lune

La Vallée de la Lune

 

Naviguer le long de la Cordillère des Andes en fendant les eaux de l’océan Pacifique est une expérience de vie à ne pas manquer lors de votre voyage au Chili. Accompagné de mammifères marins qui reviennent des eaux riches en plancton de l’Antarctique, vous vous engouffrerez au cœur de ces contrées glacées, battues par les vents au sud, désertiques et torrides au nord… Ces terres semblent abandonnées des hommes ! Il y a un peu plus d’un siècle pourtant, de grands voiliers remontaient le long de ces rivages, faisant escale au Pérou pour charger du phosphate ou conduisant les chercheurs d’or vers la Californie. Plus longue chaîne de montagnes du monde, étendue sur toute la côte occidentale de l’Amérique du Sud, la Cordillère des Andes regorge de trésors naturels. Dans sa portion chilienne, cette immense chaîne montagneuse de 4 000 mètres d’altitude en moyenne compte pas moins de 18 stations de ski dont notamment celle de Portillo, plus veille d’Amérique du Sud. Pour beaucoup, c’est tout simplement la plus belle station de ski au monde, grâce entre autres à la lagune de l’Inca (ou Laguna des Inca), au cœur des montagnes.

Avec sa longue plage de sable, ses sportifs matinaux et ses immeubles modernes, Iquique ressemble à une station balnéaire lambda. Elle se situe à quelques encablures de la frontière péruvienne, et sera à ce titre un point de départ pour un court voyage au Pérou. Dès que l’on dépasse le front de mer, on découvre une autre cité, ou du moins, ce qui y ressemble : des rues parfaitement rectilignes encadrées de maisons géorgiennes aux couleurs flamboyantes. Cette ville d’un autre âge apparait à la fin du 19e siècle avec le boom du nitrate. A une quarantaine de kilomètres à l’intérieur des terres, au cœur du désert de Atacama, les villes minières attirent des milliers de travailleurs. Humberstone fut l’une d’elle. Avec le déclenchement de la 1ère Guerre Mondiale, la demande de nitrate qui entre dans la composition des explosifs provoque alors un véritable boom économique dans cette localité dans le nord du Chili. Près de 300 000 personnes affluent de toute l’Amérique du Sud, et même de Chine, dans le dessein de faire fortune dans les nitrates. La mise au point du salpêtre synthétique au lendemain du conflit entraîne la fermeture des mines et met un terme à la ruée vers l’or blanc de l’Atacama. Si vous souhaitez inclure une destination en dehors des sentiers battus à votre séjour au Chili sans risquer de subir la congestion touristique, la cité fantôme d’Humerstone se fera une joie de vous accueillir pour une curieuse flânerie…

Régulièrement primé par les classements annuels récompensant les plus belles destinations au monde, notamment dans la catégorie « aventure », le Chili compte de nombreux autres points d’intérêt, dont le stratovolcan Cerro Azul, les très charmantes villes portuaires de Punta Arenas et Arica, la belle cité côtière Antofagasta, le Cap Horn, la Vallée du Paradis ou Valparaiso, le parc national Torres del Paine ou encore les îles de Pacques.

 

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